Les grands noms de la mode des années 70

Parmi est grands créateurs de mode des années 70 en France on compte de jeunes talents. C’est l’époque du renouveau de la mode… Le prêt-à-porter inspiré de la haute couture fait son apparition avec fracas !

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Sonia Rykiel

En attendant, c’est Sonia Rykiel qui s’affirme, notamment aux yeux des Américaines, comme la plus légitime héritière de Gabrielle Chanel. Installée depuis 1968 rue de Grenelle, cette femme libre, en s’adressant à tant de celles qui lui ressemblent comme des sœurs connait un considérable succès. Reine de la maille près du corps, en 1974, elle imagine les premiers pulls aux coutures à l’envers. Mieux, elle met au point une panoplie à la fois personnelle et passe-partout… Ce qui va permettre à la femme nouvelle de ces années mouvementées d’évoluer dans une société plus ouverte sans rien perdre de sa féminité. Elle met à disposition de sa clientèle des accessoires qui vont s’accorder à sa proposition. Le sac à main, le bijou, les chaussures… feront partie intégrande de son style.

Le style Rykiel reste depuis dominé par le tricot souple, les noirs profonds, les strass, les petits bonnets au crochet, des écharpes longues comme des boas. Créatrice, femme de tête et de pouvoir, Sonia Rykiel est aussi une grande séductrice. Elle a conquis et conserve l’estime du marché américain, et dans un monde à dominante masculine s’affirme comme l’une des rares femmes d’influence à faire entendre sa différence.

Kenzo Takada

L’autre vedette incontestée du Paris de la mode dans les années soixante-dix, le pendant multicolore et fleuri de la sombre Sonia, c’est Kenzo Takada. Ce jeune Japonais débarqué presque par hasard à Paris en 1965 présente, cinq ans plus tard, son premier mini défilé dans la galerie Vivienne, derrière la Place des Victoires. Avec quelques amis, il a pris et repeint une vieille boutique en s’inspirant des forêts tropicales du Douanier Rousseau. Ainsi est né “Jungle Jap”, premier maillon d’un empire sur lequel le soleil ne se couche plus jamais. Kenzo n’est pas un styliste japonais, mais, un authentique créateur parisien qui travaille et produit en France.

Né en 1939, sa jeunesse inentamée, il puise à toutes les sources du folklore mondial. Il allie l’Orient à l’Occident, la joie de vivre à la perception du désir de ses jeunes clients. Personne comme lui n’a fait descendre dans une rue généralement grise toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ses imprimés excentriques, ses formes souples, ses accessoires raffinés, des parures telles qu’on n’en avait encore jamais vues dans le prêt-à-porter, ont littéralement chamboulé toute la mode. Ni femme fatale, ni baba cool… La poupée qu’il a dessinée et à laquelle il sait donner corps, propose une véritable révolution sensuelle. Il y a dans Paris, un avant et un après qui détermine en 1976 l’ouverture de la première grande boutique Kenzo, Place des Victoires.

Karl Lagerfeld

Né en 1938 dans une famille d’industriels allemands, Karl Lagerfeld arrive en 1952 à Paris. Ex-æquo avec Yves Saint Laurent, il remporte, à seize ans, le premier prix d’un concours organisé par le Secrétariat international de la laine. Trois ans durant, il sera l’assistant du couturier Pierre Balmain. Puis il entre, en 1958, chez Patou comme responsable de la couture. Avant d’entamer au début des années soixante l’une des plus brillantes carrières de Styliste indépendant de toute la mode contemporaine. Homme “cent têtes”, véritable Fregoli des marques avec lesquelles il jongle — Timwear, Krizia, Ballantine, Cadette, Carel, Charles Jourdan, Valentino, Fendi, — c’est cependant à couvert de la griffe Chloé qu’etc. Lagerfeld, de 1964 à 1984, va donner le meilleur d’une création foisonnante. Il n’y a pas un style Lagerfeld, il y en a mille.

L’originalité de son travail consistant à intervenir en amont et souvent à distance sur l’image globale d’une marque. Éternellement masqué derrière ses verres fumés, l’homme affecte un dandysme cultivé. Mais il intervient en tout comme un véritable directeur artistique. Du premier croquis d’une collection à sa communication de presse finale. Lagerfeld met à température égale les différents ingrédients qui composent une chaine de mode.